Bel Borba

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Bel Borba s'embarque dans un projet après l'autre, décorant murs, rues, plages, voiles de bateau et mêmes avions de sa ville. Il les recouvre d'images multimédia organiques et d'autres structures qui lui viennent spontanément et pour lesquelles il rechigne à offrir la moindre explication, ou toute forme d'analyse.
Bel Borba « a quitté le système des galeries pour transformer la ville en musée ». Avec sa connotation un peu poussiéreuse, « musée » ne convient pas très bien étant donné que l'œuvre en question se distingue par son énergie et sa vitalité. 

  

Pour une des pièces, la remarque peut être prise au pied de la lettre. Une grande sculpture d'acier, immergée plusieurs mois durant, est repêchée pour exposition sur le front de mer. Naturellement ornée de bernacles, elle grouille dans ses orifices de minuscules créatures marines.

L'artiste, à la fois autochtone et colon, marque toute la ville de son sceau. « Je suis à Salvador ce que le sperme est à la femme », déclare-t-il modestement. Aucun quartier ne lui résiste ; dans son sillage, façades et objets se transfigurent.
Il peint les poutres métalliques d'un bâtiment abandonné en rouge, entre lesquelles ils placent les visages pâles d'hypothétiques anciens locataires. Sur l'échoppe d'un boucher, il anthropomorphise deux carcasses de cochons. Sur une plage, il transforme un échafaudage en sapin de Noël, décoré de milliers de bouteilles de Coca, remplies d'eau de mer et de passages des poèmes de l'auteur abolitionniste Castro Alves. Plus importants aux yeux de l'artiste que des fêtes de fin d'années « bêtes et frivoles », ces messages sont le symbole de la « rédemption, du salut et d'un appel au secours », explique-t-il.

Derrière sa rhétorique, l'impression d'être investi d'une mission. Il raconte son rejet initial du stéréotype folklorique, qu'il a finalement appris à faire sien. « Je me suis nourri de mon préjugé » explique-t-il avant de préciser que ceci implique une « purification » de « son esprit, son corps et son âmes ». Ses toiles et les matériaux dont il se sert (en particulier les tuiles fissurées qu'il récupère pour ses mosaïques) proviennent généralement d'un passé que Bel Borba cherche à préserver. Il tente par exemple de maintenir en mer les vingt Saveiro, vieux de plusieurs décennies, qui ravitaillaient la ville et qui naviguent désormais grâce aux voiles recouvertes de ses peintures.

« J'ai parfaitement conscience de la proximité de chaque partie de chaque lieu, de chaque endroit, de chaque parfum ou de l'odeur individuelle de chaque habitant de Salvador », affirme-t-il. Lorsqu'il déclare que « chaque jour est une surprise, je me rends dans les lieux pour en pénétrer l'espace », la métaphore de conquête sexuelle est assumée. Quand il s'agit des satisfactions de la chair, de la boisson ou de la création, on peut le dire sans détour: pour Bel Broba, l'art, c'est la vie.

 

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